30 avril 2008
Grand Prix d’Italie 2008 : Brava ! ou… Bienvenue chez les Ch’ti…taliens !

C’est sous une pluie battante que Rémi et moi sommes arrivés dans le Nord Pas de Calais. Pardon ! à Gênes…
« Pourvu que l’on n’ai pas ce temps là pour préparer le bateau » pense t’on. D’autant que la liste des tâches à effectuer est longue.
C’est finalement sous un beau soleil que nous nous livrons au jeu de la préparation, passons avec succès l’épreuve du « TOSMETRE » (vérification de la VHF) et déballons notre matériel de sécurité à la manière des vendeurs forains : « Feux à main blancs ! Feux à main blancs ! qui veut des feux à mains blancs ? Ah qu’elle est belle mon ancre flottante ! Du premier choix ! de la fluorescéine ? Mais bien sûr, monsieur ! En voilà deux sachets ! »
Samedi 19 Avril :
Le parcours ne sera pas Gênes – Profiteroles – Giraglia – Giglio – Gênes mais plutôt Gênes – Giglio- Canal de Piombino – Gênes – Gallinara – Gorgona –Gênes.
Effectivement, un mauvais coup de vent menace et la prudence- mère de la sûreté - susurre aux oreilles du Comité de ne pas nous envoyer au Cap Corse. Tant pis ! Nous ne reverrons pas la Giraglia.
C’est donc dans un vent de 15 – 20 nœuds que nous prenons le départ. C’est un soulagement de larguer les amarres ! Il est enfin fini le temps de la préparation ! Il faut maintenant trouver ses marques sur le bateau.

La mer est croisée, le vent soutenu et c’est sans difficultés que nous nous positionnons aux avant-postes. Le vent mollit cependant en début de soirée et Bahia en profite pour s’échapper. La nuit est difficile mais Rémi fait preuve d’une grande habileté à relancer le bateau et à faire taire le claquement des voiles dans la pétole.
Ce sera une régate de mistoufle et de pétole ! Et dans ces conditions, je sais quelques Pogo 2 Italiens très habiles ! Il faudra donc se méfier de Daniela sur Jolly Roger et de Giancarlo sur Prysmian.
Au passage de Capraïa, nous sommes « aux fraises ». Il y a des Minis partout ! Il en sort de tous les coins ! Tiens ! en voici un caché derrière un rocher ! Un autre fait son apparition au vent de Capraïa… Et que vois –je à l’horizon ? Cette silhouette caractéristique ? C’est bien un Mini.

Aux abords de l’île d’Elbe, le vent se lève. Gennaker, quille max, matossage ! Faut y aller ! On va bien, là !
Il y a une lumière, juste devant, immobile. C’est Daniela ! Engluée dans le dévent de l’île d’Elbe, Daniela ne peut rien faire contre notre élan !
De même que, une fois englués à notre tour , nous ne pourrons rien faire contre l’élan des bateaux qui auront judicieusement choisi de contourner le dévent de l’île…
Très fine, Daniela s’envole et va se fondre dans le soleil.

Au petit matin, nous sommes en visu de Giglio. Le temps est couvert et pluvieux et , après les averses de la nuit, nous sommes trempés et glacés. Nous nous enveloppons dans la couverture de survie pour retrouver de la chaleur. Bon entraînement pour les navigations en Bretagne !
Un très beau soleil et une belle brise vient pourtant agrémenter notre tour de Giglio. Les conditions sont parfaites et nous sommes au contact avec Daniela et Giancarlo. Ces deux là ont réussi – je ne sais comment ! – à s’extirper du paquet de nos poursuivants et à leur coller quelques centaines de mètres ! Ils viennent enfin nous rejoindre dans la pétole qui s’installe à nouveau.
Puis… les spis sortent de leur bail et une onde bleu foncée parvient jusqu’à nous. La bulle blanche est en l’air et bientôt nous taquinons les 7-8 nœuds ! Les deux Pogos italiens sont rattrapés, doublés, mais pas oubliés pour autant !
Le coup de vent annoncé arrive enfin, alors que nous sommes à la latitude du Cap Corse. Réduire la toile, sortir les longes, matosser, quiller ! Il y a un bon 30 nœuds au débridé et ces conditions plaisent à C2O. A nous aussi, d’ailleurs !
Au petit matin , le vent adonne et s’atténue. On envoie le gennaker ! 11 nœuds ! Des gerbes d’eau, la barre devient légère et je me souviens d’une certaine traversée Malte – Rethymnon !
On voit bientôt poindre la silhouette de FRA 671, le Tip Top de Brice Aque.

Nous le doublons sous spi devant Gênes. Le reste de la course ( passage de la Gallinara, de Gorgona et retour à Gênes) sera du pur plaisir : bords de gennaker au soleil, série d’empannages sous spi pour contourner Gorgona, dauphins, plaisir de franchir la ligne d’arrivée en première position !
Et ce sont des visages radieux qui s’exclament « Brava » !
