08 juillet 2008
Mini Medoc 2008 : En se promenant sur la côte...
Le petit dernier n'a pas rangé ses jouets après son bain?
Olrik prépare t'il une revanche après le "Secret de l'Espadon"?
Non ! Il s'agit tout simplement de la maintenance des bouées de l'estuaire de la Gironde. C'est impressionant à terre et quelque peu insolite de les voir ainsi alignées.
Il faut les imaginer en mer, lorsqu'il y a du courant. Certaines d'entre elles - et notamment la BxA- sont équipées de cornes de brume ou de cloches. C'est très impressionant lorsque l'on passe à côté !





07 juillet 2008
Mini Port Medoc 2008 : De nouveau la BxA !
C’en est déjà fini de Douarnenez ! Fini l’île Tristan, le Port Ru et le rocher du Koulinec !
Sans faire de « Termaji (*)», ni de « Reuz » d’ailleurs, nous devons quitter cette terre de la baie ( « Douar en enez ») pour une navigation en solitaire de 250 milles qui nous mènera à Port Médoc, dans l’embouchure de la Gironde.

La baie de Douarnenez tient ses promesses et nous offre une très belle navigation au près jusqu’à la Pointe du Raz. Je choisis de partir au large, tandis que la majorité de la flotte part à la côte. Et… ça paye !
L’architecte-constructeur-navigateur Etienne Bertrand ayant eu la gentillesse d’affaler ses voiles pour se baigner – et accessoirement se défaire d’un mauvais casier - je passe quatrième au phare de la Plate.
Même s’il fait beau, même si le vent est doux et régulier, le Raz de Sein reste un endroit sinistre et inquiétant. Non ! Non ! Je l’avoue : je n’avais jamais navigué dans une mer pareille ! Il y a véritablement des trous dans la mer !

Il faut maintenant essayer d’aller chercher les trois premiers. J’ai le 509, un proto Manuard, en ligne de mire et je m’applique à revenir sur lui. Il a perdu un peu de terrain lors de son envoi de spi et cela m’encourage. Il ne faut pas le lâcher !
Le vent forcit et nous frisons régulièrement les 10 nœuds dans de jolis surfs. La nuit s ‘annonce belle mais éreintante car plutôt que de se respecter son cap, le pilote préfère se livrer à d’originales cabrioles ! Je vais donc devoir barrer toute la nuit et attendre une petite accalmie pour dormir.
Je suis à proximité de Belle Ile et je dois faire un choix : vais-je passer au vent ou sous le vent de l’île ? J’attends toujours une bascule de vent vers l’Est. Il serait donc préférable de passer au vent de l’île. Cependant, un coup d’œil sur la carte m’inquiète : il semble y avoir quelques cailloux. Je décide donc d’empanner pour passer sous le vent de l’île.
Au petit matin, lorsque les silhouettes de grand-voiles à corne réapparaissent, nous faisons les comptes. Une grosse bulle, flanquée d’un petit feu vert, fond sur moi et vient s’aligner dans mon sillage. Un bateau de série !
Je regrette mon option sous Belle Ile !

Il est neuf heure du matin lorsque je passe la marque SN1 de Saint Nazaire. Je suis 6ième et talonnée de près par Wallilabou, le Pogo 2 N°527. J’essaye de grappiller ça et là quelques minutes de sommeil. C’est difficile car je dois rester attentive à mes concurrents tout proches.
La fatigue amplifie les émotions et , lorsqu’au passage de l’ile d’ Yeu, je termine un empannage avec le spi entortillé autour de l’étai, je suis effondrée. La manœuvre était pourtant simple et le vent s’y prêtait bien !!! Elle a pourtant mal tourné, par manque de rigueur. Enfin, a t on idée d’enrouler le palan de basse bastaque autour de l’écoute de spi ???
Mon concurrent a la délicatesse de m’imiter et je le vois affairé à l’avant de son bateau, en prise avec des mètres carrés de tissu bleu clair.
Mon grand spi est décousu sur quelques dizaines de centimètres. Je suis abattue… Sans grand spi, la course est finie…
Je décide d’envoyer le spi médium. Il finit dans l’eau. Je le récupère au winch, indemne, heureusement et le renvoie. Il flotte enfin !
Je reprends mes esprits, répare le grand spi à coups de grey tape, selon la méthode inaugurée pendant la régate des Trois Continents, et le renvoie enfin.
La régate continue ! Je suis encore dans le coup !
Le soleil cogne, les airs deviennent évanescents, la queue de la flotte revient et j’ai très envie de dormir. Il faut pourtant régler le spi, barrer, empanner – avec plus ou moins de réussites- observer ses concurrents.

La nuit tombe et le jeu tactique devient de plus en plus intéressant. Il y a des lumières partout et j’ai l’impression d’être en pleine ville ! L’approche de la BxA est interminable et je me demande où sont mes concurrents. J’espère être devant les bateaux de série.
Lorsque, enfin, je distingue la BxA, lorsqu’elle est devant moi et que je l’entends, j’ai la déception de voir deux petites lumières rouges s’en rapprocher. La sentence tombe dans un grésillement de VHF : le 527 est encore devant moi.
Je contourne la bouée en retenant mon souffle. Il n’y a pas de difficulté particulière mais le mugissement de cette tourelle d’acier me fait frémir.
Il faut maintenant rentrer dans l’estuaire de la Gironde, en respectant un chenal balisé. Cela clignote dans tous les sens ! Du rouge ! Du vert ! Du blanc scintillant ! Des feux à éclats ! Des cornes de brume !
Je suis petit à petit mon évolution sur la carte en ayant soin de rester dans le cadre imposé.

Je profite de l’aube qui se lève sur une mer lisse et un vent médium. Bientôt le courant se renverse et je dois jeter l’ancre. Ceux qui ne le font pas reculent et l’on voit même des bateaux à l’ancre doubler des concurrents emportés par le courant !
9 heures ! Je remonte le mouillage et pars à l’assaut de la cardinale Nord N°9. Il y a deux bateaux de série juste devant moi. Une adonnante bien placée, conjuguée à l’action du courant me permet de les doubler à la Pointe de Grave. Je passe enfin la ligne d’arrivée ! Avec une certaine satisfaction…

Le résultat n’est pas encore très brillant car il y a quatre protos très loin devant moi et j’ai eu du mal à me défaire des bateaux de série. Cependant, je me suis sentie bien pendant cette course. J’ai apprécié le jeu tactique, les conditions météos. J’ai par ailleurs bien identifié mes erreurs et mes axes de progression . Continuons !
(*) Pour la traduction de "Termaji" et de "Reuz", je conseille "Le Douarneniste comme on cause" de René Pichavant. Oh chéyéyeille ! Sinon , on risque de tout comprendre de dreuz.... Enfin... A Dieu, vat !